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05.04.2008
Blues francophone
Sur le bureau de mon PC, j’ai rouvert mon dossier « Photos Québec ». Je n’aurais pas dû.
Enfin j’aurais au moins dû penser que ça allait faire des dégâts. De Québec version «été indien» quand nous l’avons visité pour la première fois avec Jean-Sé et Paupau, sous un cagnard pas possible, au Québec version «igloo», quand Thom et moi avons tenté de prendre cet avion pour rentrer chez nous par une tempête de neige de malade.
Bilan : depuis deux jours, un blues venu tout droit du Saint-Laurent me poursuit. Des images de parties de billard qui marquèrent le début, des concerts de «grandes goules», des répétitions du jeudi, des foirages du vendredi, direct oblige, d’écureuils et de marmottes, d’un passage à la télé où il fut question d’environnement, de chansonniers, d’une sortie en rafting
où on a vu les plus beaux paysages du monde, d’un week-end splendide entre baleines et castors, sur un bateau où je me suis endormie dans des bras qui me manquent trop, d’une soirée où l’on a chanté les lacs du Connemara, dont même une vidéo sur Youtube se souvient, de ma toute dernière cigarette, des carottes et de la sauce dip à l’oignon, de pâtes à la sauce tomate, pour change
r, cuites dans des poêles, de cookies au chocolat blanc et de ficellos, d’un voyage éclair à Washington et NY, d’un dorminoscope qu’on n’a jamais vu, d’une photo d’amoureux enlacés avec le lincoln mémorial en fond, d’une blague
sur Forest Gump, des tenues « New-York » de Rita with a bandana, d’une fusillade en plein Harlem, de moi en fée, de Jimmy Carter, de Ben Chang, of course, dont j'entends parler partout depuis, d’un conseiller au consul tellement français, des mes escarpins dénichés sur la Fifth Avenue, d’avoir pensé que mon anglais était déplorable, d’un First Casualty qui n’en finissait pas, de poutines à répétition, et de Molson Dry, des premières neiges de novembre
, d’avoir vu mes bottes noires mourir, d’un resto italien kitchissime, d’un caribou en peluche, de mes cheveux longs et d’un sèche cheveux qui n’appréciait pas trop l
es prises à l’américaine, d’un brie «Notre Dame» qui n’avait de goût que celui de me rappeler la France, d’une soirée «filles» hallucinante chez Sarah, du coude de Mimine («Môman!»), du sourire sans fin de Paupau, d’un karaoké chez Annie, des cheveux longs de Sev et d’avoir trouvé des ponts entre nous, des 9m²X2 des chambres et du Nescafé soluble, d’un blog qui est ressuscité depuis,
ailleurs, de mes nouveaux cheveux, du froid sibérien des –35° quand on a tenté de partir, de mes oreilles en peluche, du wifi de l’aéroport, et de la gentille dame qui faisait des poutines pour tous les voyageurs excédés, d’une valise qui m’a coûté 100$ d’excédent, de la patience
bienvenue de celui qui partage ma vie quand tous les français hurlaient contre ces pauvres hôtesses, d’avoir cru mourir dans un taxi qui aurait mieux fait d’être cascadeur ou surfeur, d’une dernière nuit dans le bâtiment B du pavillon Parent, et d’une bougie de Babylone qu’on allumera quand on n’en pourra plus de ces
putains de 5000km de distance.
Enfin et toujours d’une playlist intitulée Le Bonheur est à Québec, symbole de quatre mois de bonheur monstrueux, et qui tourne depuis sans fin sur mon Itunes. Des Respectables, de Jean Leloup, de Joe Dassin, d’un dimanche qui n’en finit pas.
Québec, toi, ton château et tes habitants, vous me manquez trop.
09:53 Publié dans Moi, je | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : québec, blues, souvenirs



Commentaires
merci.
Tu es la seule à être capable aujourd'hui de m'arracher une larme mais je te jure que je vais me venger : j'ai au moins 3000 photos à compiler dans les albums de famille !
Ecrit par : Thom | 05.04.2008
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